Le projet, 2 objectifs
Le principe général de l'ouvrage
L'aménagement sera constitué de casiers délimités par des digues paysagères. L'ouvrage comprendra 58 km de talus de faible hauteur qui délimiteront 2 300 hectares d'aires de sur-stockage en aval de Bray-sur-Seine. Le volume stockable — par pompage — pendant la pointe de crue de l'Yonne est estimé à 55 millions de m3. En cas de fortes crues de l'Yonne, le débit de la Seine sera réduit en amont de la confluence des cours d'eau par son stockage dans les casiers de la Bassée, afin de diminuer la pointe du débit à la confluence. L'aménagement ne sera sollicité que pendant une quinzaine de jours tous les cinq ans en moyenne, lors des fortes crues, et n'entravera donc pas le libre écoulement des eaux en période normale. Cet aménagement permettra ainsi — en réduisant de façon significative le débit de pointe de la Seine en aval de la confluence Seine-Yonne — d'abaisser les niveaux de crue et de limiter les dommages associés à ces crues, sans toutefois les supprimer totalement.
Les casiers délimités par des digues paysagères
Objectif hydraulique : diminuer de façon significative le niveau de la Seine en période de crue
Agir sur l'Yonne
Le projet de la Bassée consiste à retenir les eaux de la Seine au moment du passage de la crue de l'Yonne. En limitant le cumul des débits à la confluence, il diminue de façon significative le risque d'inondation pour la région capitale. L'effet cumulé des quatre lacs-réservoirs existants et de l'aménagement de la Bassée permettrait, par exemple, pour une crue de type janvier 1910, de maintenir le niveau de la Seine sous le seuil d'apparition des principaux dommages aux biens et aux personnes à Paris.
Restaurer un espace naturel d'expansion des crues
Le projet d'aménagement permettra à la zone de la Bassée de retrouver son rôle naturel d'espace d'expansion des crues.
Une efficacité optimum
L'ouvrage de la Bassée disposera d'une efficacité optimum en permettant un écrêtement du bon volume au bon moment, en toute saison et sur une large gamme de crues : par exemple crue de 1910 (crue double), crue de 1955 (crue simple) et crue de 1982 (crue multiple).
Objectif de restauration écologique : réhabiliter la zone humide exceptionnelle de la Bassée
Un secteur perturbé
La Bassée est reconnue pour représenter une des plus importantes zones humides nationale. En aval de Bray, les milieux naturels ont été fortement perturbés par divers phénomènes dont l'aménagement du canal à grand gabarit, la gestion des inondations à partir des barrages-réservoirs, la généralisation des carrières, l'abandon des prairies au profit des cultures, puis des carrières, la transformation et l'abandon du réseau hydrographique secondaire (noues, bras morts…). Cette zone a ainsi aujourd'hui perdu son potentiel d'inondation, la Seine ne pouvant déborder que pour des crues relativement rares (supérieures à celle de janvier 1910), ce qui a fortement perturbé les milieux naturels
Une action remarquable
L'objectif de restauration d'écosystèmes fonctionnels consiste à restituer les conditions permettant le rétablir des milieux proches de ceux qui existaient auparavant et supportant la submersion. Cet objectif écologique est indissociable de l'objectif hydraulique car le fonctionnement optimal des casiers implique un bon état hydro écologique des zones de submersion. Le dispositif d'inondation écologique s'opérera de manière contrôlée sur des hauteurs d'eau limitées et des surfaces spécifiques. Cette gestion adaptée prévoira des submersions volontaires et annuelles telles qu'elles se pratiquent par exemple aujourd'hui sur les Polders du Rhin.
Privilégier l'environnement
Avec notamment :
- la préservation des principales noues de la Seine
- la reconnexion des principaux chenaux recoupés par les digues
- la transparence de l'ouvrage pour la faune : les animaux pourront accéder aux digues
- l'aménagement de pelouses sèches et de prairies sur les digues
- l'aménagement de certains pieds de talus fossés plats, relativement peu profonds, en pente
Limiter l'empreinte écologique
L'intégration et la performance environnementale de l'ouvrage sera recherchée dans sa conception et son exploitation. Elles portent principalement sur :
- L'éco-conception et la réduction de l'empreinte écologique : optimiser les caractéristiques de l'ouvrage (ex : tracé des digues, provenance des matériaux, techniques de génie végétal, transparence pour la faune, …) et l'organisation (construction / exploitation) pour réduire son empreinte écologique. La réduction de l'empreinte écologique conduira également à proposer des mesures environnementales comme, par exemple, la remise en état ou la reconnexion de certaines noues ;
- L'intégration paysagère et écologique : concevoir l'ouvrage pour garantir la meilleure intégration et pour permettre une évolutivité dans le temps.
Un projet compatible avec les usages locaux
L'ouvrage de la Bassée restera compatible avec les usages existants notamment l'activité d'extraction et de transport des granulats.
Les infrastructures seront adaptées à l'inondation. L'intégration paysagère, particulièrement soignée, permettra de structurer ce vaste territoire morcelé en offrant de nouvelles voies de déplacement. Ces infrastructures permettront d'optimiser le potentiel du territoire.